Roland Monpierre : Bob Marley, la légende du lion.
27 02 2008
C’est dans son atelier du 18ème arrondissement parisien que Roland Monpierre avait donné à pour une entrevue exclusive à l’occasion de la parution chez Glénat de son dernier album [BD], suite et fin (?) d’une série cansacrée à Bob Marley. C’est à son reporter attitré, Jahgreg que fut confié la passionnante et bien heureuse mission d’aller à la rencontre de cet artiste du strip et de la bulle… Rencontre haute en couleur !!!
Sans même avoir eut le temps de sortir de sa besace son questionnaire murement établi et réfléchi, Jahgreg se laissa entraîner dans un périple entre Paris et les Antilles, voyage sans itinéraire défini. Seuls les propos de son interlocuteur en déterminait les escales qui furent aussi nombreuses qu’éclectiques… Il faut dire que Roland Monpierre a, comme qui dirait, la dicut’ facile ! Et question Reggae, il touche sa bulle le Monsieur ! Pour publier 3 albums sur Marley avec autant de talent, il faut non seulement maîtriser son sujet, mais aussi et surtout être un vrai passionné. Si, sans conteste Roland en est un de passionné, son sacerdoce s’étend bien au-delà des plages et récifs jamaïquains : les Antilles sont son oxygène, leur histoire, leur société, leur culture… sa nourriture.

Né en 1954 à Paris 18ème de parents guadeloupéens, en parfait autodidacte Roland Monpierre se passionne très tôt pour le dessin et plus particulièrement la bande-dessinée. Il publie ses premières planches dans le journal de son lycée. C’est en 1976, qu’il découvre le Reggae lorsque son frère, Aimé, rentre de Londres dans ses bagages l’album Rastaman vibration d’un certain Bob Marley (and the Wailers !). Chose étrangece fut ce même album le catalyseur de la rencontre de notre dessinateur et ayant besoin d’une de ses planches pour l’illustration d’un précédent article, WAR 2ème partie, Roland donne non seulement son autorisation de reproduction mais en plus il procure à votre blog préféré la planche, en noir blanc, plus lisible !… A l’écoute donc de la fameuse galette, c’est pour lui LA révélation : plus encore que la rythmique et les mélodies, ce sont les textes de Marley et sa personnalité qui le passionne. « Marley était un vrai humaniste. Il était universel. Il était tout aussi exigeant dans le travail que dans ses rapports avec les gens. Son message universel était politique, social, réligieux. N’importe qui pouvait se retrouver dans ses textes. Le tiers-monde avait son porte-parole. Et puis, il était Antillais! »Sans pour autant avoir le mal de l’île (!) puisque né dans la capitale, Roland est très attaché à la Guadeloupe -et aux Antilles dans leur globalité, où il n’a jamais vécu plus d’un mois. Il est intarissable sur le sujet : lancé, il passe en revue son histoire, s’emporte à propos de la place qu’y ait donnée aux Arts par l’administration in situ et vous donne une recette familiale. D’ailleurs, en 1984 sort son premier album chez Futuropolis Repas Antillais contant, sous la forme de 4 histoires composant chacune la partie d’un repas, la découverte des Antilles Françaises par un «négropolitain» (garçon d’origine antillaise né à Paris! Tiens donc!!!).

Au regard de sa bibliographie, Roland Monpierre pourrait légitiment revendique son oeuvre comme un hommage à ses origines tant elles sont l’essence même de son travail, ses décors, son fil conducteur. A une execption près cependant : notre dessinateur, travaillant toujours seul pour le scénario et le dessin, fera en 1988 un petit écart de principe en collaborant avec Farid Boudjellal et José Jover pour l’album satirique Anita Comix (Futuropolis). Abordant des sujets de société sous un angle humoristique, Roland se souvient, sourir au lèvres : « Ca nous faisait rire qu’un espagnol, un arabe et un antillais travaillent ensemble dans ce “monde bien blanc” qu’était la bande dessinée de l’époque. » Son second recueil Le Diable Blanc, paraît en 1985 toujours chez Futuropolis. Roland s’attache ici à traiter d’un sujet qui lui tient particulièrement à coeur, l’esclavage : aux Antilles, la préparation du carnaval ravive chez une jeune fille le souvenir douloureux des temps de l’esclavage lorsque cette dernière décide de venir en aide à un “émigré” haïtien. En livre jeunesse, il retace en 2002 avec Les réves de Paris aux éditions Tartamudo (Collection Motos) l’histoire d’un jeune métis qui, accidentellement, se retrouve obligé de redécouvrir sa culture, et sa ville d’adoption, Paris. Un récit plein de poésie, en forme de réflexion, sur l’Art, la solitude de l’exil et le deuil. Roland Monpierre commence en 1984 son travail consacré à Bob Marley dans le regretté magazine Black, y publiant 4 planches par mois. Destinées à un large lectorat, il se doit d’y être précis, explicite mais aussi exhaustif. Tout en retraçant la vie de l’artiste jamaïquain, il raconte le Reggae, la Jamaïque et le Mouvement Rastafari : il intercalle avec habileté et ingéniosité des cases ou strips explicatifs, éclairant le lecteur qui d’acteurs de la vie politique yardie, qui d’artistes essentiels et historiques du Reggae. La précision de l’artiste est à son comble lorsqu’il illustre le déroulement de l’attentat perpétué contre Marley le 3 décemebre 1976 : pour un peu, on s’imaginerait derrière un fourré des jardins du 56 hope road à assister impuissant à la scène!… Rassemblées en un volume sous le titres Rebel Music - La vie de Bob Marley aux Editions Caribéennes en 1988, ses planches en noir et blanc ainsi compilées prennent une véritable dimension encyclopédique. L’album connait une réédition sous le titre Bob Marley en 1992 chez Eisemusic dans une version colorisée par les soins de l’auteur.

Il récidive en 2006 aux éditions Albin Michel avec Bob Marley, la légende des Wailers. 22 années séparent les deux projets et on peut dire qu’il s’est écoulé beaucoup d’encre par la plume de l’artiste! Tout d’abord son dessin a mûri : plus expressif, son trait devenu plus libre associé la couleur au pinceau donne plus de réalisme, de mouvement et de rythme encore à son récit. Si son premier essai retraçait la vie du jamaïquain en survolant et pointant le crayon sur ses évènements majeurs, La légende des Wailers est plus proche des personnages, plus intime… plus passionnant encore ! Roland Monpierre débute son action en plein cœur de Kingston, dans un Trench Town de 1959, il l’achève au moment de la séparation de Wailers originels (Bob Marley, Bunny Wailer et Peter Tosh !) en 1973, Marley songeant à une destinée de messager universel…
Afin de préparer la suite notre dessinateur part en août 2006 pour la Jamaïque. En spectateur d’une vérité, d’une réalité qu’il décrit comme « hurlante », il quite île totalement imprégné de ses 2 semaines passées dans les rues de la capitale yardie aussi mythiques que dangereuses, avec le constat que la pauvreté, la violence, l’accueil qui lui fut réservé, l’espoir et l’envie de jour meilleur, et la présence du mythe Marley dans la conscience collective étaient bien au deçà que ce qu’il se l’était représenté.
De retour, Roland Monpierre débute la seconde partie de sa biograhie du Gong. En février 2007, il repart pour Kingston cette fois plus officiellement puisque pour une expo avec l’alliance française et l’Ambassade de France en Jamaique. Il profite de ce séjour pour effectuer des recherches et dégotte les infos et les documents qui lui manque pour achever son album. Offrant un exemplaire de La légende des Wailers au Bob Marley Museum, il est accueilli au mythique Tuff Gong Studio d’où il sortira quelques croquis sous le bras. Une nouvelle fois guidé par ces jours passés en terres yardies, il achève et peaufine ses planches.

A contrario du précédent volume, plus axé musique, il est plus question ici de montrer un artiste devant des choix, face à la réalité quotidienne. Star internationale certes mais aussi star née dans le ghetto. Dés lors, Roland dépeint un Marley plus côté backstage qu’au devant de la scène, un Bob combattant, miltant (ce qui aurait pu lui couté la vie), dérangeant mais util quand il s’agit de l’impliquer « malgré lui » dans la politique, en lutte guitare à la main pour l’Unité, une égalité et une justice universelle. Des collines verdoyantes yardies aux plus grandes scènes internationales, le crayon de Monpierre donne vie un artiste qui saura s’imposer comme un leader charismatique exceptionnel, un porte parole des démunis à nul autre pareil, la plus grande star du Tiersmonde!
Notre déssinateur nous sert un album passionnant, et, si on en sait déjà la fin, haletant… Bob Marley la légende du lion, vous donnera envie de ressortir des galettes du King of Reggae! Ca fait un bien fou!!! INDISPENSABLE…
Roland Monpiere : Bob Marley - La légende du lion
Edition Glénat
Collection Vent des savanes
Format : 240 mm x 320 mm
48 pages
Prix : 12.50 €
Les 10 premières pages de l’album ? Cliquez ICI
Categories : Books of Rules
Autour d’une infusion d’hibiscus, Jahgreg conversait avec un quidam qui l’avait contacté par le biais de
Une semaine se passe et les 2 comparses se réunissent à nouveau afin d’échanger leurs travaux respectifs, leurs infos, leurs recherches. Jahgreg a commencé à réfléchir à une couverture, l’autre a contacté Samuel Mahler (très surpris et enchanté semble-t-il par la proposition de publier son sujet de thèse) avec qui il avait expressément signé un contrat d’exclusivité sur les droits de sa traduction. Vient alors la question du protocole de la belle affaire : Jahgreg propose de financer l’opération à hauteur de 50%, ce qui semblait logique. Son interlocuteur refuse dans la foulée prétextant qu’un “associé” ne lui permettraît pas de tirer assez de bénéfice, son unique source de revenus étant cette fameuse boutique virtuelle. Comment aurait-il pu dans de telles conditions remplir les assiettes familiales d’une
RootsblogReGGae et sa volonté inconditionnelle de diffuser LE message, ne pouvait se résoudre à ne pas se faire l’écho de la première parution en France de cette traduction (une autre dans son intégralité par Gérard Colin existe dans les Cahiers d’orientalisme n°23 éditée chez Patrick CRAMER Éditeur, Genève, Suisse au prix de 55 Euro!), traduction que l’on ne pouvait trouvé dans l’hexagone uniquement en anglais.
vient de connaître une réédition anniversaire (après un pressage dit “deluxe” en 2001) augmenté du dvd du concert capté en 1977 au Rainbow Theatre de Londres, dvd sorti en 2004 que vous pouviez acquérir il y a quelques temps pour la modique somme de 2 ou 3 euros chez un distributeur de malbouffe clownesque !!! Si cette réédition est à mon humble d’un intéret bien mitigé, celui d’en raconter la génèse, les tenants et les aboutissants, est amplement plus intéressent. C’est ce que réussi à faire avec brio le livre Exodus, les 30 ans qui paraïtra le 17 octobre prochain aux 
Un bras tendu au mouvement Punk avec Punky Reggae Party enregistré avec le groupe Aswad lors des mêmes sessions, sorti en 1977 en 12” avec une version Dub tueuse de Lee Perry en face B ; déclaration d’Amour, soulèvement des consciences, musique enfin reconnue mondialement… Exodus est tout à la fois ! Il a également de spécifique d’être coincé entre 2 évènements marquants de la vie de Marley : 2 performances scéniques à l’image de son protagoniste qu’Exodus, les 30 ans a su bien mettre en valeur. Le 5 décembre 1976, Marley apparait pour un concert du feu de Jah (!) à 